UN PEU D'HISTOIRE
:Le village de Saint-Sardos
se situe dans le département du Tarn-et-Garonne. mais il existe
une autre commune, plus petite, portant le même nom, dans le Lot-et-Garonne
qui fut le siège, en 1323, d'une bataille décisive entre les Anglais
et les Français. D'ailleurs, cette victorieuse bataille française
fut longtemps attribuée, par erreur, au Saint-Sardos gascon.
Toutefois, Saint-Sardos en Tarn-et-Garonne, porte une longue
histoire vieille de 900 ans derrière lui.
Nous verrons dans cette première synthèse les quatre
premiers siècles de son existence (XIIème-XVIème siècles), en
se tenant aux faits historiques et en essayant d'être le plus
objectif possible pour en montrer l'essentiel.  Cette synthèse
comprend un bref rappel historique, les origines de la fondation
du village et du nom de Saint-Sardos.
RAPPEL HISTORIQUE:
Le village de Saint-Sardos en Tarn-et-Garonne se situe au cœur
du triangle actuel Castelsarrasin, Beaumont-de-Lomagne, Grenade-sur-Garonne
et se tourne vers la capitale régionale qu'est Toulouse.
Certes, il peut ressembler à d'autres villages de la région mais
il a quelque chose de particulier dans le sens ou son évolution
fut différente tout comme la mentalité conviviale qui y règne.
Mais à l'époque médiévale, lors de sa création, le contexte n'était
pas le même qu'aujourd'hui.
Le village se situe entre l 'Aquitaine et le Languedoc, deux mondes
historiquement et géographiquement différents. Il s'agit là d'un
espace tout particulier, marginal dans le sens oû les influences
sont nombreuses : influence gasconne (ethnique et linguistique),
languedocienne (politique et économique), et influence de l'Aquitaine.
Pourtant la région de Saint-Sardos que l'on situerait dans le
Nord-Ouest toulousain et le Bas-Quercy n'a apparemment appartenu
à aucune de ces influences et c'est cette disparité, ces multiples
attractions qui ont fait qu'elle ne relève ni d'un monde ni de
l'autre. Elle répond au concept de " carrefour intermédiaire
" qui s'est forgé au fil des temps et des hommes. Il n'y a donc
pas d'entité géographique vraiment claire pour les contemporains
et le village de Saint-Sardos se place à l'intérieur de cet agrégat
de territoires. Cette région peu peuplée oû Saint-Sardos fut créée,
comprenait essentiellement bois et terres encore vierges.
Le XIIème et XIIIème siècles servaient de cadres aux ordres religieux
(en l'occurrence les cisterciens et les bénédictins pour faire
référence à l'abbaye de Grandselve et celle de Mas-Grenier).
En 1317,fut crée par le Pape Jean XXII, le diocèse de Montauban.
L'arrivée des Anglais et la Guerre de Cent Ans (1337-1453) a changé
beaucoup de choses dans la région. Avec la prise des villes par
les conquérants, les nombreuses résistances des français, cette
guerre a apporté dans le Bas-Quercy, souffrances, misères et révoltes
populaires vers la fin du XIVème siècle et du début du XVème siècle.
Après la Croisade des Albigeois (1208-1244), la
Réforme (1452-1456) fut aussi une importante crise religieuse
luttant contre le Protestantisme qui toucha gravement le pays.
Mais la population prend un rapide essor avec le défrichement
des terres incultes et cette période est une période prospère
au point de vue matériel. A la fin du XVème siècle, le paysan
mange à sa faim.
SAINT-SARDOS, UNE FONDATION
MONASTISQUE, UNE SAUVETE: La sauveté
est un enclos de sauvegarde, avec le bénéfice de la Paix et la
juridiction tutélaire. Selon l'historien du Moyen Age, Charles
Higounet, ce sont " de petits villages d'hôtes, de création
préméditée, placés sous la protection de l'église, protection
symbolisée par la plantation de croix délimitant leur territoire
". A la fin du XIIème siècle, le climat de violence et d'insécurité
s'étend ; les sauvetés créaient des aires de Paix mais restaient
trop exiguës.
Le Concile de Narbonne en 990 relance la valorisation
des sauvetés et grâce à des échanges, accords et donations entre
abbés et laïcs, elles sont ainsi redéfinies. C'est le cas de Saint-Sardos
: donation en 1122 d'un alleu (étendue de terres)
à une abbaye (celle de Sarlat en Périgord) avec promesse
d'implantation de croix délimitant le territoire, protection des
habitants et construction d'une église.
Une photocopie de la Charte de fondation est exposée dans la salle
du Conseil de la mairie de Saint-Sardos. Saint-Sardos, petit village,
petite sauveté créée pour répandre la Paix, voilà le but premier
de cette communauté de moines bénédictins sarladais venus de si
loin pour s'installer dans un pays qui leur était jusqu'alors
inconnu mais qui, géographiquement et géologiquement bien placé,
semblait être d'un grand intérêt. Peu à peu la sauveté s'agrandit,
fluctuant au rythme des évènements, s'adapte et s'intègre lentement
comme pour se fondre dans un milieu encore hostile et attire de
plus en plus de monde venant s'installer et trouver la paix. Défrichements,
cultures, coordination avec la royauté permettent la mise en place
d'une petite société, une commune.
Certes les troubles religieux du Moyen Age ont ralenti cet essor,
mais passé outre, elle s'agrandit au XIIIème siècle comme pour
suivre l'effet de mode des bastides et castelnaux en se prolongeant
par des lots réguliers tout autour. Sarlat a toujours un regard
sur son prieuré et semble mener son affaire à bien malgré les
remontrances et concurrences des abbayes voisines. Saint-Sardos
a suivi le cours de l'Histoire comme le courant d'une rivière
qui suit son chemin parfois semé d'embûches mais qui continue
quand même.
Elle devient une commune avec ses consuls comme
il est dit dans le Sud de la France car dans le Nord on employait
déjà le terme de Maire.
Saint-Sardos a su garder en mémoire ses origines ; le clocher
de l'église (XIVème siècle), l'église elle-même
qui reposent sur les bases de l'église primitive du XIIème siècle,
puis en se promenant dans les petites ruelles, on s'aperçoit que
c'est tout un patrimoine qui mérite d'être mis en valeur, même
si le temps efface les traces du passé. (La halle
construite sous l'ère des bastides (XIII-XIVème siècles) fut détruite
au début du XXème siècle). Il reste également un vieux moulin
isolé, derrière l'école du village et une grande maison
privée en briques rouges de style Renaissance inscrite
aux Monuments Historiques qui porte encore, en calcaire, mais
dans un état plus que critique, des fenêtres à meneaux d'origine.
DE SAINT SACERDOS à
SAINT-SARDOS : Sacerdos naquit vers le
milieu du Vème siècle au lieu de Calviac en Quercy oû son père
Laban et sa mère Mondane qui étaient de Bordeaux, s'étaient retirés.
Laban mourut peu d'années après et laissa son fils sous la tutelle
de Mondane qui lui donna une excellente éducation et les plus
grands principes de religion. Elle le mit sous la discipline
de Saint Capuan, évêque de Cahors qui lui conféra les
ordres sacrés. Sacerdos revint alors dans sa patrie à Calabre
ou il trouva un petit monastère pauvre, vivant d'aumône. Sacerdos
fit réparer ce monastère ou il prit l'habit quelques temps après
et y vécu sept ans en tant que simple religieux. Après quoi, il
fut élu abbé. La réputation de sa sainteté fut telle que,
l'évêque de Limoges, Aggerius étant mort, il fut unanimement élu
à sa place. Sacerdos gouverna son diocèse pendant plusieurs années
mais voyant sa fin proche, souhaita mourir dans son monastère.
Il n'y parvint pas mais fut quand même inhumé dans l'église du
monastère. Il s'y fit depuis de nombreux miracles mais plusieurs
siècles après, le monastère de Calviac est ruiné par des guerres.
Cette abbaye est alors réunie à celle de Sarlat et le corps de
Sacerdos fut aussi transporté dans cette ville qui le prit pour
patron. En 1122, lors de la fondation de Saint-Sacerdos, il
est déjà canonisé. Un buste-reliquaire en son honneur
se trouve encore aujourd'hui dans l'église.
Sacerdos est fêté le 05 mai ; voilà pourquoi la
fête locale se déroule à cette époque.
Peu à peu, au fil des siècles, Sacerdos s'est transformé
en Sardos sans doute à cause de l'évolution de la langue
française (Latin-vieux français-français), des déformations orales
du langage, et des nombreux patois locaux.